Zone d'identification
Type d'entité
Forme autorisée du nom
forme(s) parallèle(s) du nom
Institut supérieur d'architecture de l'État - La Cambre (ISAE)
Forme(s) du nom normalisée(s) selon d'autres conventions
Autre(s) forme(s) du nom
Numéro d'immatriculation des collectivités
Zone de description
Dates d’existence
Historique
L’histoire de l’Institut Supérieur d’architecture de l’État, puis de la Communauté Française - La Cambre, est étroitement liée à d’importants moments de transitions dans l’enseignement de l’architecture en Belgique. D’abord la scission entre l’enseignement de l’art et l’architecture advenue en 1977, puis, la communautarisation de l’enseignement.
Institut Supérieur d’Architecture de l’Etat – La Cambre (I.S.A.E. -La Cambre) ouvre en décembre 1979. L’institut est issu de l’École nationale supérieure d’architecture et des arts visuels (ENSAAV) de La Cambre fondée en 1927 par Henri Van de Velde. En raison de fortes tensions internes, qualifiées de « Guerre de La Cambre », cet institut avait traversé entre 1978 et 1980 une période d’instabilité telle, que le ministre en charge avait dû fermer temporairement l’institut à l’automne 1979. Il avait aussi dû nommer ad interim plusieurs directeurs successifs et externes à l’institut pour rétablir le calme nécessaire à la poursuite de la mission première. Ainsi, à l’architecte Gérard De Brigode succède l’inspecteur Warbeck, puis Jean-Pierre Van de Walle.
Durant l’été 1980, suite à l’accroissement important du nombre d’étudiants inscrits, il est décidé de déménager l’institut dans un immeuble multifonctionnel (fonction administrative, musée et caserne de pompiers) de la commune d’Ixelles situé au 19, Place Flagey et mitoyen de l’INR – l’Institut national de Radiodiffusion (immeuble aujourd’hui nommé « Flagey »). Ceci marque physiquement la scission administrative entre l’enseignement des arts et celui de l’architecture décidé en 1977, puisqu’auparavant l’école était située à l’abbaye de La Cambre. Cette affectation, initialement prévue comme « temporaire » sera finalement définitive et perdure même lorsque l’institut en 2010 devient Faculté d’Architecture en intégrant l’Université libre de Bruxelles (ULB).
À partir d’avril 1980, l’équipe de direction, désigné ad interim, est constituée du directeur Jean-Pierre Van de Walle, du directeur adjoint Marcel Pesleux et du chef du bureau d’études Jean-Paul Pouchous. En 1983, après un appel publié au Moniteur Belge pour le poste de directeur de l’institut, l’architecte et enseignant Paul-Emile Vincent, ayant acquis les titres requis à ce poste (la notoriété), est désigné directeur de l’institut. Comme son prédécesseur il est épaulé par Marcel Pesleux et Jean-Paul Pouchous. Dès 1984, après un appel au poste de directeur adjoint, celui-ci est attribué au mathématicien Guy Pilate. En 1987, après un appel au poste de chef du bureau d’étude, celui-ci est attribué à l’architecte et ingénieur John Dassesse.
L’attribution successive des autres postes clés de la direction aboutit finalement à un apaisement des tensions internes qui sera propice à l’établissement d’un cursus complet mais aussi à un nouveau développement de l’engagement de l’école dans le débat public sur l’architecture. L’institut renoue avec son engagement dans la société en assurant, à côté de ses enseignements, de nombreuses activités culturelles : organisation d’expositions et de colloques, ainsi que la publication de périodiques et d’ouvrages sur l’architecture.
Paul-Emile Vincent avait été doyen de l’Institut supérieur d’architecture et membre du corps enseignants depuis 1956. Il assumera la direction de l’institut, en lui insufflant de nouvelles ambitions. Après les années difficiles marqués par les clivages idéologiques de « la guerre de la Cambre », il insuffla un dynamisme nouveau et positif. Parmi ses nombreuses initiatives il faut pointer d’une part la publication de la série des Cahiers de La Cambre-Architecture, mais aussi les nombreuses manifestations à l’occasion de la commémoration du 60ème anniversaire de l’Institut, dont les deux expositions : en 1985 « Ces architectes qui ont fait La Cambre » et en 1987 : « 100 architectes pour 60 ans » tenue dans le Musée. Il maquera aussi l’institut de visées prospectives par ses nombreux efforts pour lancer des activités de recherche. Au niveau pédagogique de l’enseignement du projet d’architecture la structure reste inchangée. Après les deux années de formation de base, les étudiants choisissent un atelier « vertical » où ils côtoient des étudiants des trois dernières années autour de thématique communes.
En 1989, après le départ à la retraite de Paul-Emile Vincent, l’architecte et enseignant Marcel Pesleux, ayant obtenu le titre de notoriété en 1984, lui succède au poste de direction. Il dirigera l’institut jusqu’à sa retraite en 2001.
En 1990 ou 1991, suite à la troisième réforme de l’Etat Belge, lors de laquelle le Ministère de l’Éducation Nationale est scindé suivant les deux communautés linguistiques, la dénomination de l’institut sera modifiée en conséquence. À partir de ce moment l’institut relève de la tutelle de la Communauté Française et est renommé en Institut Supérieur d’Architecture de la Communauté française – La Cambre (I.S.A.C.F. – La Cambre). Le poste de Chef du bureau d’étude sera assuré par l’architecte – urbaniste et enseignant Marc Gossé entre 1992 et 2001. Par ses engagements il œuvrera pour l’ouverture de l’institut à l’échelle internationale, en particulier vers le continent africain et sud-américain, notamment par la mise en place du Stage international d’Architecture et d’Urbanisme.
2001-2011
Après le départ à la retraite du directeur Marcel Pesleux, l’ancien directeur adjoint, Guy Pilate assurera cette fonction ad interim pendant quelques mois. C’est finalement en décembre 2001 que Jean-Louis Genard, professeur de sociologie, et un des rares membres du corps enseignant à posséder les titres requis, est désigné directeur. Le début de son mandat est marqué par la volonté affirmée de développer la recherche au sein de l’institut et ainsi de le préparer pour une future intégration à l’université. Durant son mandat à la direction, l’enseignement dispensée à La Cambre Architecture évolue d’un enseignement d’architecte exclusivement professionnalisant à un enseignement de l’architecture ouvrant vers de nombreuses formes de pratiques professionnelles.
À côté de cet engagement, l’institut se démarque entre autres aussi comme initiateur de deux colloques : « Qui a peur de l’architecture en communauté Française de Belgique ? » visant à asseoir l’importance de démarches contemporaines et progressistes en architecture et « Livre blanc des archives d’architecture » visant à développer la conscience de l’importance de la conservation d’archives d’architecture comme matière à de futures études universitaires.
C’est aussi en 2002, qu’est fondé au sein de l’institut un département « Archives » visant à accueillir, traiter et conserver des archives d’architecture dans le but de les mettre à disposition de l’enseignement et de la recherche.
En 1999 le décret de Bologne, visant l’harmonisation européenne de l’enseignement supérieur entre en vigueur, il sera appliqué aux programmes de cours de l’institut dès 2004. Les années d’études, auparavant classées en deux années de « Candidatures » suivies de trois années de « Architecture », sont renommées et classées en « Bachelier » et « Masters ».
L’année 2005 marque le début des négociations au niveau ministériel pour l’intégration des instituts à l’université. La fin de l’ISACF-La Cambre est officialisée par le décret de 2009 créant les Facultés d’Architecture en Belgique francophone pour intégrer l’enseignement de l’architecture aux universités. Ainsi la Faculté d’Architecture de l’Université Libre de Bruxelles, est formée par la fusion de l’I.S.A.C.F.-La Cambre et l’Institut Supérieur d'Architecture Victor Horta. La faculté sera nommée Faculté d’Architecture La Cambre-Horta, pour rappeler le double héritage dont résulte cette fusion institutionnelle. La transition est faite progressivement à partir de la première année de Bachelier (BA1) de 2011. Dès 2015, tous les étudiants sont diplômes de la Faculté d’Architecture de l’ULB, ce qui marque la dissolution effective de l’ISACF-La Cambre.
- Irene Lund