Zone d'identification
Type d'entité
Forme autorisée du nom
forme(s) parallèle(s) du nom
Ecole nationale supérieure d’architecture et des arts décoratifs de La Cambre (ENSAAD)
Institut supérieur des arts décoratifs de La Cambre (ISAD)
Fondation supérieure des arts décoratifs de La Cambre
Forme(s) du nom normalisée(s) selon d'autres conventions
Autre(s) forme(s) du nom
Numéro d'immatriculation des collectivités
Zone de description
Dates d’existence
Historique
« École Nationale Supérieure d’Architecture et des Arts Décoratifs (ENSAAD) – La Cambre », est l’intitulé donné en 1936 à l’Institut supérieur des arts décoratifs (ISAD) - La Cambre, suite à la reconnaissance légale du diplôme d’architecte institué par arrêté royal, le 5 mai 1936). Cette mutation de l’« Institut » en « École nationale » affirme la dimension étatique et officielle de l’enseignement qui y est dispensé, mais ce nouvel intitulé met également en exergue la discipline « architecture ». Ainsi était affirmé la dimension d’une école d’état concurrençant l’enseignement de l’architecture promulgué jusqu’alors dans les autres filières d’enseignement : les académies des Beaux-Arts, relevant des villes, les Instituts Saint Luc, relevant de l’enseignement catholique, mais aussi les facultés des sciences appliqués relevant des universités.
La reconnaissance du diplôme d’architecte était l’aboutissement de près d’un siècle de lobbying par les architectes professionnels organisés en sociétés dans tout le pays et tout particulièrement porté par la Société Centrale d’Architecture de Belgique. C’était aussi la première étape vers une régulation officielle de la profession. A côté de la reconnaissance du diplôme, la profession militait aussi pour la protection du titre d’architecte et la reconnaissance légale de l’exercice de la profession d’architecte. Ceci aboutira à la loi du 20 février 1939. Il est utile de rappeler qu’avant cette date, quiconque pouvait se dire architecte, car l’accès à la profession n’était pas régi par le législateur.
Ces changements coïncident aussi avec un changement de direction, Henry Van de Velde cédant la même année (1936) la direction de l’institut à l’écrivain Herman Terlinck, après 9 ans à ce poste. Terlinck faisait partie du corps enseignant depuis la fondation en 1927 et assurait le cours de théorie et pratique du théâtre. Il assurera la direction de l’école durant l’occupation en jusqu’en 1950. Par ailleurs, pour répondre à l’accroissement du nombre d’étudiants inscrits, le nombre de professeurs d’architecture doit suivre et Victor Bourgeois et Jean-Jules Eggericx sont rejoints par deux nouveaux collèges et confrères : Jean De Ligne et Charles Van Nueten, puis dès 1947 par Robert Puttemans.
Ensuite, dès 1940, ceux-ci sont rejoint par l’architecte Louis Hermans De Koninck (1896-1984). Celui-ci marque profondément l’enseignement du projet d’architecture par la pédagogie novatrice qu’il met en place pour les deux premières années et qui affecteront durablement des générations, mais aussi la pédagogie du projet. S’appuyant sur les évolutions pédagogiques notamment préconisées par le Docteur Decroly, l’étudiant y était responsabilisé pour effectuer ses recherches, le rôle du maître se limitant à le guider et à l’orienter dans ses travaux. Cette approche pédagogique se révèlera une force et une caractéristique de l’institut et l’esprit perdurera au-delà de la vie de l’institut et jusqu’à la Faculté d’architecture de l’ULB.
Dans le contexte des nombreux enjeux urbains de l’après-guerre, l’Ecole se dote, en 1946, d’un enseignement complémentaire en urbanisme : l’Institut d’urbanisme de La Cambre. Il permet aux jeunes diplômés de parfaire et approfondir leurs connaissances en matière d’urbanisme et de compléter leur titre d’architecte par celui d’urbaniste. L’enseignement y est assuré par Jean de Ligne et Jean-Jules Eggericx. Faisant sans doute double emploi avec l’institut d’urbanisme de l’ULB, cet institut fermera en 1980 dans le contexte de réorganisation des études d’architecture.
L’organisation de l’enseignement de l’architecture sera régulé à l’échelle nationale par l’Arrêté du régent du 18 novembre 1949. La formation d’architecte passe de sept à cinq années d’études, et le niveau est reconnu par l’appellation « École supérieure d’architecture ». Cette année est aussi marquée par le départ à la retraite de Jean-Jules Exggericx qui avait enseigné le projet depuis 1929 et l’urbanisme entre 1947 et 1949.
1950-1964
En 1950 l’architecte anversois Léon Stynen, qui n’enseignait pas à La Cambre, est appelé à remplacer Herman Terlinck comme directeur de l’École. Il reste à ce poste jusqu’en 1964. En 1953, l’architecte Marcel Gerard intègre le corps enseignant comme professeur du projet d’architecture. Un poste qu’il assure jusqu’en 1973.
En 1956, Jean de Ligne, qui avait enseigné le projet d’architecture depuis 1936, part à la retraite. En 1962, Victor Bourgeois, prend sa retraite et l’architecte Jacques Wybauw est engagé comme nouveau enseignant du projet d’architecture, un poste qu’il assuré jusqu’en 1973. L’architecte Peter Callebout, rejoint également les enseignants du projet cette année-là et reste en poste jusqu’en 1965.
1964-1979
En 1964 l’historien de l’art Robert Delevoye remplace Léon Stynen à la direction de l’Ecole. Il y avait enseigné à La Cambre depuis 1946 en ayant la charge du cours d’histoire de l’art et esthétique. Il avait aussi donné le cours d’esthétique industrielle entre 1955 et 1964.
En 1965 ou 1967, l’ENSAAD change de dénomination et devient l’Ecole nationale supérieure d’architecture et des arts visuels (ENSAAV) de La Cambre. Le remplacement de la terminologie « arts décoratifs » par « arts visuels » témoigne de la volonté de l’école de s’ouvrir plus largement à toutes les formes d’art, dont celles plus récentes basées sur des supports technologiques nouveaux (film, BD,…). Le terme « arts décoratifs » paraissait à l’époque insuffisant à cet égard et sans doute aussi trop fortement connoté comme relevant d’un niveau créatif superficiel et mineur.
L’architecte Charles Van Nueten, qui avait enseigné le projet d’architecture depuis 1936 reste en poste jusqu’en 1966. Cette même année, à la suite de son départ à la retraite, il est remplacé par l’architecte Paul-Emile Vincent. À partir de 1965, l’établissement se structure en plusieurs Instituts dirigés chacun par un doyen : Paul-Emile Vincent est désigné Doyen de l’Institut supérieur d’architecture tandis qu’Emile Parent est doyen de l’Institut supérieur d’urbanisme.
En 1967, l’architecte Jacques Dolphyn, intègre le corps enseignant comme professeur de projet d’architecture. L’année suivante est marquée par le départ à la retraite de Robert Puttemans qui avait assuré l’atelier du projet d’architecture depuis 1947. L’architecte Maxime Wynants intègre de corps académique pour assurer l’enseignement du projet d’architecture entre 1970 et 1973. En 1974, Louis-Herman de Koninck prend sa retraite. Le corps des enseignants du projet est ensuite élargi par Gérard De Brigode et Marcel Pesleux, ainsi que par Wen Li Kao - la première femme architecte engagée pour l’enseignante du projet d’architecture à l’Ecole.
En 1977, la formation d’architecte en Belgique quitte la tutelle du Ministère de la Culture et passe à celle du Ministère de l’Education Nationale où elle sera désignée comme un « enseignement supérieur artistique de type long de niveau universitaire ». Ceci amène plusieurs changements. Tout d’abord, l’examen d’entrée aux études d’architecture est supprimé. Par conséquent l’encadrement des étudiants est établi de manière proportionnelle à leur nombre. Chaque année comporte un certain nombre d'heures de cours, auxquelles s’ajoutent les heures des stages obligatoires, et les heures de préparation du travail de fin d’études. Le diplôme d’architecte est octroyé au bout de 5 années d’études, dont 2 années dites de « candidatures » et 3 années dites de « licences ».
Durant cette dernière période, l’architecture à La Cambre était sous la tutelle de l’Éducation nationale tandis que les Arts Visuels restaient sous la coupe du secrétariat d’État à la Communauté française. À cette scission ministérielle entre arts et architecture, s’ajoute également une lutte pour la direction de l’école à l’occasion du départ à la retraite du directeur Delevoye. Ces deux situations, l’une interne, l’autre externe, provoqueront entre 1977 et 1980, une période de fortes tensions idéologiques nommé familièrement « La Guerre de La Cambre ».
À la fin du mois de juillet 1979, l’architecte Gérard De Brigode est désigné par le ministre Hoyaux, comme directeur ad interim. Il tentera d’apaiser la situation durant quelques mois. Les tensions aboutiront cependant à la suspension de l’enseignement à l’automne 1979. Bien que temporaire, car les cours reprendront en décembre, ceci marque la fin de cette institution sous la forme établie en 1936.
L’Institution avant 1936
L’Institut Supérieur des Arts décoratifs – La Cambre (I.S.A.D.- La Cambre) avait été fondé, en 1926, sous instigation de la figure emblématique et pluri-artistique de Henry Van de Velde et du ministre des Sciences et des Arts, Camille Huismans membre du Parti ouvrier belge (POB), (arrêté royal du 31 novembre 1926). L’intention était d’y dispenser un enseignement des arts dans des formes et suivant les pédagogies des plus modernes.
L’institut était situé à l’abbaye de La Cambre à Bruxelles et était dirigé par Henry Van de Velde qui en était le directeur et le maître à penser. L’enseignement était dispensé par un ensemble de professeurs choisis par Van de Velde pour leur engagement pour les arts et pour leur approche moderniste. À une époque où, dans le reste du pays, l’enseignement de l’architecture était encore largement dominé par un langage formel historiciste, La Cambre offrait ainsi un programme et une approche d’enseignement moderne de l’architecture et des arts qui se voulait en accord avec l’époque. L’enseignement des styles y était proscrit.
Henry Van de Velde fonda le projet pédagogique de l’école de La Cambre notamment sur base de l’expérience qu’il avait eue en Allemagne en tant que fondateur et directeur de la Kunstgewerbschule (École des arts décoratifs et industriels) à Weimar entre 1905 et 1915. Fondée sur l’intention d’effectuer un rapprochement entre les arts et le monde industriel, cette institution dût fermer ses portes durant la première guerre mondiale. En 1918, Walter Gropius en prend les commandes, et après avoir également été désigné directeur de l’Académie, il fusionnera les deux institutions en fondant l’école du Bauhaus.
La pédagogie de l’école de La Cambre se voulait progressiste et à l’opposé des préceptes conservateurs dominant désormais dans les filières préexistantes, tant au niveau social qu’au niveau technique et esthétique. L’école rassemblait des enseignants et des étudiants issus de tout le pays (flamands, bruxellois et wallons) mais aussi de nombreux étrangers. De plus, la population académique et étudiante compta rapidement de nombreuses femmes, ce qui était très nouveau pour l’époque. Au niveau politique, c’est l’engagement social qui prédomine, avec une attention poussée pour le logement social dans toutes ses dimensions : de l’urbanisme au mobilier. Fondée dans un contexte de reconstruction du pays après la première guerre mondiale, ce sont notamment les innovations techniques qui prévalent pour répondre à cette mission sociétale première de l’institution. L’enseignement de l’atelier d’architecture était assuré par Huib Hoste et Victor Bourgeois. Par suite d’un grave accident de chantier ayant causé la mort d’un ouvrier, les tribunaux en imputeront la responsabilité à Huib Hoste. Celui-ci sera par conséquent contraint de démissionner de l’institut en 1929.
- Irene Lund
Lieux
Statut légal
Fonctions et activités
Textes de référence
Bibliographie
• Verpoest, Luc et Neuckermans, H., « Enseignement de l’architecture en Belgique », in Anne Van Loo (dir), Dictionnaire de l’architecture en Belgique de 1830 à nos jours, Fonds Mercators, p. 530-533.
• Arcades. Bulletin intérieur des élèves de l'Ecole Nationale Supérieure de la Cambre. - Bruxelles : Impr. Laconti , 1945-. - pll., figg ; 4°.
• Cahiers de la Cambre : publication du Patrimoine de l'Ecole nationale supérieur d'architecture et des arts visuels. - Bruxelles : Ecole nationale supérieure d'architecture et des arts visuels. Institut d'urbanisme, 1967. - ill. ; 24 x 18 cm.
• La Cambre : 1928-1978 : synthèses et fragments : exposition : Ixelles, Musée communal des beaux-arts. - Bruxelles : Ecole nationale supérieure d'architecture et des arts visuels , 1979. - [Circa 120] p .
• La Cambre : 1928-1978. - Bruxelles : Archives d'architecture moderne, 1979. - 400 p + annexe.
• La tour ferrée, projets dans la ville : projets réalisés à l'Institut supérieur d'architecture, la Cambre, Bruxelles de 1975 à 1978. - Bruxelles : Archives d'architecture moderne, 1978. - 131 p : co., ill., plan ; 8°.
• La Cambre et l'architecture : un regard sur le Bauhaus belge / Jacques Aron. - Bruxelles ; Liège : Pierre Mardaga, 1982. - 200 p : ill. ;
• Cahiers de la Cambre N° 1, 1967 . - Bruxelles : Patrimoine de l'Ecole nationale supérieure d'architecture et des arts visuels, 1967-. - portr., ill., plans, facsim ; 16° obl.